Besseges.org - Réseau social local

Connectez vous pour voir plus de contenus et contribuer (presque) sans modération ou créez votre compte et recevez un courriel de confirmation (parfois en spam). Si vous n'habitez pas la commune, vous pouvez proposer à la vôtre de se doter d'un réseau similaire.

Bonne contribution

BESSEGES, entre terre et mer

Claude Rouquette • 19 août 2021
0 commentaire
0 mention "j'aime"
157 vues

                             Recherche Fondamentale et Appliquée

                                                              en

                 Évolution Biologique et Transformations de la Civilisation

 

 

                   Bességes, entre terre et mer.

 

             Comme le mentionne la devise de la ville de Bességes, la cité minière et métallurgiste a connu « L’abondance et la super-abondance » en produisant du charbon et du fer arraché dans les profondeurs de son sous-sol. Après son remarquable essor de 1825 à 1970, suivra une longue période de déclin et de tentatives de renouveau, pour assurer une délicate transition qui s’inscrit dans un processus complexe, à la fois global et local. Ce défi, nous impose d’aller aux limites de nos intelligences pour trouver de nouvelles voies de développement qui se voudraient, responsables et durables, garantes, des cohérences vitales des espèces et de l’Humanité en particulier, dont les cohésions sociales sont dangereusement menacées par une crise sanitaire aiguë et des changements climatiques.

Anciens bâtiments des Houillères, Fonderies et Forges de Bességes

                 Bességes est un cas d’école, pour étudier les processus complexes en évolution biologique et les transformations de la civilisation, notamment pour appréhender le paradoxe entre l’épuisement des ressources naturelles qui ont permis à cette cité minière et métallurgiste, un incontestable progrès socio-économique et culturel en quelques décennies, tout en provoquant des conséquences à long terme sur le réchauffement climatique qui affecte l’évolution des espèces et déséquilibre les fondations de la Civilisation, en perturbant gravement les écosystèmes.

                   Au cours de mes recherches naturalistes nécessairement appliquées qui se voudraient fondamentales, j’ai défini la notion « D’adaptativitè » c’est un opérateur qui permet d’évaluer la dynamique de l’évolution contingente d’une espèce dans le rapport permanent de ses variations génétiques, épigénétiques, morphologiques, comportementales... fondamentalement aléatoires, qui se produisent au hasard des contraintes sélectives naturelles, auxquelles s’ajoutent les contraintes anthropiques, plus ou moins contrôlables. Ce champ de recherche initié à l’Institut Charles Darwin International, s’est agrémenté de deux notions complémentaires, celle d’unité de niveau d’intégration du vivant conçue par le biochimiste espagnol Faustino Gordón, qui considère, à partir des protéines, l’émergence de la cellule et de l’animal ; et enfin, le concept clef d’effet réversif, qui qualifie la transition originale des instincts sociaux des Hominines vers un fait social irréductible, la Civilisation. Ce complément indispensable à la compréhension de la théorie de l’Évolution étendue aux transformations de la Civilisation par le professeur Patrick Tort (La pensée hiérarchique, 1983) issu de l’œuvre de Charles Darwin, démontre le lien original, néanmoins ténu et fragile, qui lie l’espèce Humaine au milieu naturel, dans un retournement, qui tout en maintenant le rapport vital d’adaptativitè avec la nature, nous en écarte vers une modalité évolutive exclusive, d’être humanisé et civilisé. La culture en augmentant la complexité du rapport d’adaptativitè, aux paramètres fortement corrélés, induit des divergences incidentes, les plus critiques nous entraînant dans des situations de crises… À ce sujet, l’étude de Bességes est intéressante, la cité s’est développée sur un socle géologique et biologique, celui de la végétation naturellement et longuement fossilisée du Carbonifère Cévenol qui a donné du charbon de terre, dont l’exploitation est à l’origine de la croissance de la cité et de la civilisation du charbon et de l’acier, lors de ces derniers siècles. Cette exploitation exacerbée par les deux guerres mondiales, trouvera ses limites dans la compétition industrielle mondialisée, le sous-sol épuisé amorcera le déclin de la cité bességeoise, une histoire dont témoigne encore « La montagne de Bességes » qui alimentait en charbon de terre, les hauts-fourneaux au chemin des Gueulards. Les Houillères, les fonderies et Les forges étaient, alors situées derrière l’usine des tubes.

                Exploration de la rivière Céze, au pont des Drouilhédes.

                                 Récemment, en explorant la rivière Céze, vers le pont des Drouilhédes, j’ai ramassé sur la plage d’alluvions anciennes et récentes, des galets de micaschiste et de quartz, ainsi que des galets de charbon, ces échantillons restituent la superposition géologique des terrains métamorphiques anti-stéphaniens sur lesquels s’écoulent la Céze. Ce socle de micaschiste, de gneiss et de quartz, est dominé par l’étage du Stéphanien Moyen d’un houiller autochtone qui s’élève entre La Plaine et le col de Malpertus. Les couches de charbon plongent jusqu’à 1 200 mètre de profondeur, celles de Feljas-Ricard, situées entre 80 et 200 mètres, se prolongent jusqu’à la Grand-Combe. Elles seront exploitées pour fournir des briquettes aux chemins de fer et à la marine, comme celles produites à Bességes sur d’autres gisements du Stéphanien Inférieur (Montagne de Bességes, Lalle).

                      Galet de charbon, imprégné de Cordaite lingulatus.

        En examinant le galet de charbon fortement compressé, rendu à l’état dur et compact d’anthracite, érodé et lessivé par les crues de la Céze, j’ai identifié les restes de Cordaite lingulatus. Pour retracer l’évolution des plantes du Stéphanien Inférieur charrié sur le Stéphanien Moyen que nous venons d’évoquer, il y a quelques années, j’ai commencé à assimiler des données sur « Les fougères noires » qui composent les quinze couches de charbon situées sous la chapelle Saint-Laurent. La « Montagne de Bességes » a connu trois ères géologiques remarquables qui se superposent sur le Houiller, celles du Trias et du Lias, où, calcaires à Gryphées (Huîtres fossiles), ammonites et bélemnites témoignent des transgressions et régressions marines à l’origine des systèmes marins, lagunaires, puis fluviatiles qui formèrent la vallée de la Céze.

 

Il y a sur cette bordure du Vivarais et des Cévennes, un axe de recherche non négligeable en océanographie et biologie marine…

           Bességes, l’art urbain se décline entre terre et mer (association MIAOU).

 

           Si l’évolution et la transformation des plantes en minerai de charbon s’est produite exclusivement du fait de leur variation et de la sélection naturelle, identifiable dans chaque couche de charbon et les couches intercalaires de minéraux stériles (grès et schistes). À partir de l’occupation humaine des Cévennes, l’exploitation artisanale et industrielle des ressources minières a modifié drastiquement, le rapport d’adaptativitè, qui en devenant fort profitable aux populations, non sans luttes sociales, s’avéra préjudiciable pour l’environnement par des pollutions industrielles et une accumulation massive de gaz carbonique, dont nous ressentons les effets de nos jours.

                 De ce fait, la transition et le renouveau, justifient des explorations scientifiques de longue durée, à la fois locale et globale, pour trouver des voies innovantes de développement, au plus prés des préoccupations des habitants, tout en assurant la survie des espèces et de leurs environnements.

            J’ai développé ce cas d’école en écrivant le troisième tome de la suite naturaliste « Les fougères noires » et dans « Mes mémoires de mer, cévenoles » préfacées par l’amiral Christophe Prazuck qui dirige l’Institut de l’Océan, Sorbonne-Université, un ouvrage dans lequel je relate les relations des Cévennes et de Bességes avec la marine, une ouverture indispensable, entre terre et mer. Un essai « L’Homme désarticulé » présentera un bilan prospectif sur ce cas d’école qui me permettra de publier ultérieurement ma dernière synthèse sur les processus complexes en évolution biologique et transformations de la civilisation, en espérant que de jeunes étudiants et chercheurs de diverses disciplines poursuivent ces recherches à Bességes et ses environs.

 

                                                                           Claude ROUQUETTE

                                                                 Historien de marine et naturaliste

                                                                    

 

                                                                             rfaec.monsite-orange.fr

 

Note : En préliminaire à ces publications, le fascicule « Bességes, déclin et renouveau d’une cité cévenole », initié avec le concours de l’association Puits de Mémoire, devrait être publié avant la fin de l’année par les éditions La Fenestrelle.

 

 

 

Fichiers